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Un collectionneur de Tapis


A la rencontre d'un collectionneur de tapis d'orient

" Là où est ton tapis est ta demeure ", proverbe oriental

L'appartement est vaste et chaleureux. Les meubles sont choisis, une console 1930 cotoie un meuble d'appuis Boulle. Chaque objet y semble à sa place de toute éternité. Là un vase Lalique, ici une statue Fang, dans cette vitrine une joueuse de polo d'époque Han. Dans le salon, notre collectionneur ne reste jamais longtemps assis et nous propose un thé, un café, un soda, il va et vient heureux visiblement de nous parler de sa passion. C'est un homme mince à la voix cassée et au large sourire, - " Les tapis, nous dit-il, m'ont toujours fait rêver. J'ai acheté mon premier tapis à l'âge de 15 ans avec ma première paie ! Depuis je n'ai pas cessé de les aimer, ça fait donc un peu plus de 50 ans que je ne peux résister à la tentation, je n'ai d'ailleurs jamais essayé. " Et ça se voit !

Le grand salon invite les visiteurs à fouler aux pieds un sublime Tabriz de soie, la salle à manger est ornée d'un Kachan aux couleurs chatoyantes, dans les chambres se sont des Sennehs aux tons pastels qui invitent au repos. A chaque pièce son ou ses tapis.

Henri Matisse, Tapis rouge (1906)

Ils sont partout, même accrochés aux murs, où ils cotoient joyeusement les tableaux.

- " Tous les tapis sont des tapis volants " nous dit notre collectionneur, dans un sourire et il continue :

- " Regardez cette poésie, cette délicatesse, nous dit notre passionné tout en caressant la lumineuse soie d'un Héréké, j'aime les tapis pour leur puissance imaginaire. Chaque tapis est une invitation au voyage, pour moi, un tapis est toujours un tapis volant, il m'emporte sous d'autres cieux, ils sont chauds comme un thé, doux comme un pétale de rose, moelleux comme un loukoum. Les tapis d'orient sont des livres ouverts sur notre propre voyage intérieur, je les préfère aux tapis Français, pourtant magnifiques mais qui laissent moins de place à l'imagination. Parmi tous les motifs repris dans les tapis d'orient j'apprécie particulièrement les motifs géométriques."

En 50 années de collectionnite aigüe ne se lasse-t-on pas ? La question surprend, étonne même :

- " Se lasser ? Comment serait-ce possible ? Lorsque vous vous intéressez -vraiment- aux tapis ils deviennent une source inépuisable de découvertes, tenez, celui-ci que l'on dit " Transylvanien ", ces tapis viennent, de Roumanie, soit, mais ont été réalisé dans des ateliers orientaux et pourtant ornaient les églises, leurs tailles, de ce fait, sont toujours modestes, de façon à les placer facilement devant les autels. Et savez-vous qu'un Ghoum de soie exigera jusqu'à 1 000 000 nœuds/m² ? Imaginez le travail des hommes et des femmes qui ont oeuvré sur ces merveilles, tout ce que cela représente de patience, de savoir-faire et de maîtrise ! Les tapis permettent de connaître la géographie et les cultures qui y sont liées : on reconnaîtra un tapis de nomades à ses motifs, principalement géométriques, à ses noeuds et ses dimensions qui sont, la plupart du temps, des dozar (200 x 120 cm à 210 x 140 cm.) mais les tapis permettent aussi de connaître des arts qui, à première vue, ne leur semblent pas proches, ainsi la peinture !

A tel point que certains tapis sont dits " Tapis Holbein " tant ce peintre Allemand de la Renaissance (Hans HOLBEIN né à Augsbourg en 1497 et mort à Londres le 29 novembre 1543) aimait à les représenter dans ses tableaux.

Il est d'ailleurs intéressant de constater qu'à cette époque les tapis d'Orient étaient plus couramment posés sur des tables qu'au sol.

Avec les tapis vous pénétrez la Chine mystérieuse, vous parcourrez les vastes steppes de la Mongolie, vous traversez les étendues infinies du désert en compagnie des nomades, vous êtes invité dans les plus somptueux palais d'Orient, vous vous promenez dans les jardins parfumés d'Ispahan ou vous voyagez à travers l'histoire dans le quotidien, encore méconnu, de nos ancêtres de la Renaissance Européenne."

Une collection ne doit pas demeurée figée.

Jean-Léon Gêrome, le marché aux tapis

Alors pourquoi disperser une telle collection ?

- " Tout d'abord j'ai toujours pensé qu'une collection ne devait pas rester figée. De petite, elle grandi puis il est un moment où le collectionneur effeuille sa collection, la laissant vivre loin de lui. Passant ainsi le témoin à d'autres passionnés. Pour ma part, le moment est venu...Après une vie de sédentaire -et sans pour autant devenir nomade- je ressens l'envie de partir pour de longs voyages, peut-être à la rencontre de ces merveilleux artisans que sont les " noueurs " de tapis, qui sait ? "

Nous souhaitons donc à notre aimable collectionneur et à sa collection de beaux voyages.

Propos reccueillis par CHAVILLE ENCHERES auprès de Monsieur X, collectionneur de tapis.

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